Les terres sénégalaises «bradées» aux étrangers
Image: GSCOM
Seneplus 06/02/2026

Les terres sénégalaises «bradées» aux étrangers

Qu’elles soient Danone (France), Senegindia (Inde), Ovidi Tender (Roumanie), China Agricultural Development (Chine), India Agri Ventures (Inde), Senegal Agricorp (États‐Unis), Franck Timis (Roumanie), ces entreprises étrangères ont été largement servies
 
Auteur: Moustapha Boye, Le Témoin

Qu’elles soient Danone (France), Senegindia (Inde), Ovidi Tender (Roumanie), China Agricultural Development (Chine), India Agri Ventures (Inde), Senegal Agricorp (États‐ Unis), Franck Timis (Roumanie), ces entreprises étrangères ont été largement servies sur le foncier du Sénégal. Une véritable délinquance financière dévoilée par le député Tahirou Sarr. Ce dernier a déposé sur la table du président de l’Assemblée nationale, une proposition de loi qui exige entre autres la révocation de ces titres fonciers en titres révocables et précaires ouvrant la voie à une renationalisation.

La révélation du député Tahirou Sarr est insérée dans sa proposition de loi déposé hier par le concerné sur la table du président de l’Assemblée nationale. Elle donne le tournis et pousse dès lors à dire que finalement qu’on devait pouvoir laisser à Babacar Ngom Sédima ses hectares de Ndingler. Parce qu’en définitive, l’on sait qu’avec lui au moins, les terres et les profits issus de l’exploitation resteront sur place. Ce qui n’est pas le cas des grosses entre‐ prises étrangères à qui certainement les services du président Macky Sall ont largement et avec une générosité infamante alloué d’immenses hectares de terres.

La liste impressionne. : · DANONE (France) : 147 000 hectares dans la vallée du fleuve Sénégal · SENEGIN‐ DIA (Inde) : 100 000 hectares dans le delta du Saloum · OVIDI TENDER (Roumanie) : 100 000 hectares en Casamance · China Agricultural Development (Chine) : 100 000 hectares à Tambacounda · India Agri Ventures (Inde) : 40 000 hectares dans la région de Kolda · Senegal Agricorp (États‐Unis) : 30 000 hectares dans la région de Kolda · Frank Timis (Roumanie) : 20 000 hectares dans le département de Dagana · QVS (Hollande) : 110 hectares à Diass. « Il est observé, dans plusieurs zones du territoire national, une acquisition importante de terres par des personnes physiques ou morales étrangères, entraînant la marginalisation progressive des populations locales.

Cette situation, conjuguée à une inflation du prix du foncier et à la raréfaction des terres cultivables, rend l’accès au logement et à l’exploitation agricole de plus en plus difficile pour les citoyens sénégalais », écrit le député Tahirou Sarr dans sa proposition de loi. À ces situations s’ajoute selon le parlementaire « un phénomène nouveau : l’acquisition de vastes parcelles par des communautés étrangères, transformées en cités privées ou en zones résidentielles fermées, de fait inaccessibles aux citoyens sénégalais, notamment dans les zones de Tivaoune Peulh, Ndiakhirate et environs ». Une telle situation selon le député « compromettrait la capacité des générations futures à vivre, à produire et à se projeter sur le territoire hérité de leurs ancêtres. La terre constitue, à cet égard, une ressource stratégique fondamentale pour l’agriculture, l’habitat, l’industrialisation et, plus largement, pour l’affirmation de la souveraineté nationale. Il incombe dès lors à l’État de mettre en place un cadre juridique protecteur visant à prévenir toute appropriation, concentration ou spéculation foncière susceptible de porter atteinte à l’intérêt général ».

Garantir l’accès à la propriété foncière exclusivement aux nationaux sénégalais

« Face à ces enjeux, il apparaît nécessaire de réaffirmer solennellement le principe selon lequel la terre sénégalaise, ressource non renouvelable et indispensable à la subsistance des citoyens présents et futurs, constitue un patrimoine collectif relevant de l’intérêt général. La présente proposition de loi s’inscrit dans cette perspective. Elle vise à réserver l’accès à la propriété foncière aux seuls nationaux sénégalais et à transformer les titres fonciers détenus par des étrangers en droits d’occupation précaire et révocable, dans le respect des lois et règlements en vigueur », écrit Tahirou Sarr. Cette dernière de corser sa proposition en ajoutant une « interdiction d’acquisition foncière par des étrangers

À compter de la promulgation de la présente loi, toute personne physique ou morale étrangère se voit interdire l’acquisition, directe ou indirecte, de tout droit de propriété sur une terre située sur le territoire national. Cette interdiction ne fait pas obstacle aux régimes de baux à long terme, aux concessions ou aux partenariats économiques réalisés avec des nationaux sénégalais conformément à la législation en vigueur ». « Tout titre foncier régulièrement détenu par un étranger à la date de promulgation de la présente loi, en application des lois n° 64­46 du 17 juin 1964 et n° 76­67 du 02 juillet 1976, est converti de plein droit en un titre d’occupation précaire et révocable. La durée, les modalités d’exploitation et les conditions de maintien de ces droits seront fixées par décret, dans le respect des droits contractuels existants. Les terres concernées feront l’objet d’une réévaluation visant à garantir leur conformité avec les normes nationales, notamment environnementales et sociales.

Les détenteurs d’un titre d’occupation précaire et révocable ne peuvent céder ou transmettre leurs droits qu’à l’État du Sénégal ou à des nationaux sénégalais », propose Tahirou Sarr. Il ajoutera que toute cession à un non‐national est interdite, sauf dans le cadre d’un partenariat économique impliquant un acteur sénégalais.


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https://farmlandgrab.org/post/33308
Source
Seneplus hhttps://www.seneplus.com/article/les-terres-senegalaises-bradees-aux-etrangers

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