Conflit foncier à Apouh A Ngog : La Socapalm accusée d’empiéter sur les terres des populations riveraines
Polcré Vision | 10 juillet 2026

Conflit foncier à Apouh A Ngog : La Socapalm accusée d’empiéter sur les terres des populations riveraines

La localité d’Apouh A Ngog située dans l’arrondissement d’Edéa 1er département de la Sanaga-Maritime, Région du Littoral, se trouve depuis un certain temps au cœur d’un conflit foncier historique opposant les populations locales à la Société camerounaise de palmeraies (Socapalm) concernant la rétrocession de près de 200 hectares de terres ancestrales.

A Apouh A Ngog, la Socapalm est accusée de déposséder les populations riveraines de leurs terres ancestrales. Cette communauté a saisi la justice administrative à l’effet de contester l’extension des plantations de la Socapalm qu’elle estime réalisées au-delà de sa concession.

Une démarche judiciaire a été portée devant le tribunal administratif du Littoral dans l’espoir de faire reconnaître les droits coutumiers sur les espaces que la communauté considère comme son patrimoine ancestral. Parties de leur Sanaga-Maritime pour le tribunal administratif qui a compétence régionale à connaître du litige le jeudi 02 juillet 2026 à Douala, les populations ont quitté le tribunal administratif de Douala le 02 juillet dernier le visage serré, marqué par la déception car le juge administratif s’est déclaré incompétent à connaître de l’affaire. La Communauté d’Apouh A Ngog venait désespérément d’affronter l’Etat du Cameroun via la Socapalm dont on sait par ailleurs que l’Etat du Cameroun est non seulement actionnaire mais aussi partenaire-concessionnaire de ladite société.

D’après les populations, la Socapalm a dépassé les limites de la concession que lui avait été confiée par l’Etat, empiétant ainsi sur leur domaine ancestral. Et pour le conseil des populations, Me Touon Mbenoun Jean Marc, l’objet de l’audience du 02 juillet 2026 avait pour but d’obtenir au moins l’annulation partielle des titres fonciers de la  Socapalm, cinq au total, attribués en 1960. « Nous avons espéré nous appuyer sur le fait que la Socapalm prend plus de 700 hectares en plus des différents titres fonciers N°183, 184, 185, 196, 197. Cette société est allée au-delà des terres qui lui ont été concédées alors qu’elle occupe déjà près de 7000 hectares », déclare l’avocat.

L’urgence d’une Commission tripartite

Le tribunal administratif pour sa part, estimant que la communauté n’est pas propriétaire des terres qu’elle occupe de bonne foi en tant que communauté villageoise, ne peut en revanche pas demander l’annulation partielle de certains titres fonciers attribués à la Socapalm. D’après l’avocat de la communauté, le cœur du problème réside dans l’absence de clarification des limites exactes des espaces occupés par la société camerounaise des palmeraies. Pourtant depuis le 20 septembre 2023, cette communauté attend impatiemment une Commission du Mindcaf de la Sanaga-maritime descende sur le terrain pour pouvoir circonscrire les espaces querellés et déterminer les limites de la Socapalm. Des zones d’ombre qui alimentent le conflit depuis plusieurs années entre les populations et l’entreprise. Dans les revendications affichées par les populations riveraines, l’on peut lire sur leurs pancartes : « Nous voulons notre espace vital…Nous voulons où cultiver nos maniocs…Les tombes de nos parents sont profanées », entre autres.

D’après Marius Gautier Mongo Ndjem, membre de la société civile ayant travaillé sur le dossier « Apouh et ses environs » dans le cadre de l’Ong « Green Development Advocates for Green Congo Bassin », il est question après cet échec de la procédure enclenchée par l’avocat, de reprendre par là où l’avocat aurait dû commencer et notamment par un recours gracieux préalable comme cela se veut en droit administratif, en demandant qu’une Commission tripartite Etat du Cameroun – Socapalm et Populations soit constituée et qu’il y ait une descente effective sur le terrain afin que soient délimitées les zones ainsi querellées. En l’état actuel du litige, c’est vers cette direction que les parties semblent aller pour la résolution du problème.

Rappelons qu’à chaque fois que les populations manifestent leur ras-le-bol dans le cadre de leurs revendications, elles sont tout le temps réprimées et emprisonnées par les autorités administratives et les forces de maintien de l’ordre, dans le but de les amener à taire leurs griefs.

Rodrigue TCHOKOUAHA


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Polcré Vision https://polcrevision.com/conflit-foncier-a-apouh-a-ngog-la-socapalm-accusee-dempieter-sur-les-terres-des-populations-riveraines/