Maroc diplomatique | 26 février 2026
Soulaliyates : La réforme qui redessine l’équilibre foncier au Maroc
Pilier stratégique du foncier national, les terres collectives couvrent 15,6 millions d’hectares et concernent près de 5 000 collectivités ethniques. Depuis 2019, une réforme ambitieuse accélère leur immatriculation, promeut l’inclusion des femmes et mobilise le foncier pour l’investissement agricole. Entre melkisation, pressions spéculatives et enjeux sociaux, l’équilibre reste fragile.
Au Maroc, le régime des terres collectives, communément appelées terres « Soulaliyates », constitue l’un des piliers les plus complexes et les plus stratégiques du foncier national. Couvrant une superficie globale de 15,6 millions d’hectares, soit près d’un quart du territoire national, ces terres appartiennent à des collectivités ethniques dont la gestion est placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Longtemps régies par un dahir datant de 1919, ces terres font l’objet, depuis 2019, d’une refonte législative majeure visant à les transformer en leviers de développement économique et social.
La gestion de ce vaste patrimoine concerne aujourd’hui 4 908 collectivités ethniques, représentées par 7 731 délégués (Nouabs). L’effort de modernisation s’est traduit par une accélération sans précédent de l’immatriculation foncière. Alors qu’en 2014, seulement 555 000 hectares étaient immatriculés, ce chiffre a bondi à 5,1 millions d’hectares au début de l’année 2024, selon le ministère de l’Intérieur. Cette sécurisation juridique est le préalable indispensable à toute exploitation économique durable. Le recensement des ayants droit, pierre angulaire de la redistribution des bénéfices, a atteint un stade avancé avec 2,625 millions d’hommes et 2,1 millions de femmes enregistrés. L’inclusion des femmes marque un tournant historique, porté par le mouvement des Soulaliyates, qui luttent pour l’égalité d’accès à la terre et aux revenus issus de son exploitation.
Foncier collectif : le pari du million d’hectares pour l’investissement agricole
L’un des objectifs centraux de la nouvelle législation (lois 62-17, 63-17 et 64-17) est la mobilisation du foncier collectif pour l’investissement agricole. Dans le cadre de la stratégie « Génération Green 2020-2030 », l’État ambitionne de mobiliser 1 million d’hectares pour des projets créateurs d’emplois et de valeur ajoutée. À ce jour, environ 100 000 hectares ont déjà été mis à disposition d’investisseurs, principalement via des baux de location longue durée. Comme l’indique le ministère de l’Intérieur, la réforme vise à instaurer le principe de la concurrence comme règle d’accès au foncier Soulaliyate, garantissant ainsi une exploitation optimale et transparente des ressources au profit des communautés.
Cependant, cette ouverture au marché ne va pas sans heurts. La pression de l’urbanisation et la spéculation foncière menacent l’intégrité de ces espaces. Les chiffres officiels de fin 2025 révèlent que plus de 138 000 hectares font l’objet d’occupations illégales, un phénomène que les autorités tentent de juguler par un renforcement des contrôles et des sanctions.
La Melkisation : Vers une propriété privée sociale
Le processus de melkisation, qui consiste à transformer le droit de jouissance en propriété privée au profit des ayants droit, est l’autre grand chantier de la réforme. Initialement limitée aux terres irriguées, la melkisation a été étendue en février 2026 aux terres dites « Bour » (non irriguées). Cette mesure vise à stabiliser les populations rurales en leur offrant un titre de propriété sécurisé, facilitant ainsi l’accès au crédit bancaire pour moderniser les exploitations.
Selon les analystes, les dynamiques actuelles montrent que la réussite de cette transition repose sur la transparence dans l’établissement des listes d’ayants droit pour éviter les conflits tribaux, l’accompagnement technique des petits agriculteurs pour que la propriété ne soit pas immédiatement cédée à de grands groupes fonciers, et l’égalité de genre, car malgré les avancées législatives, les pressions sociales freinent encore l’accès effectif des femmes à la gestion des terres.
Pilier stratégique du foncier national, les terres collectives couvrent 15,6 millions d’hectares et concernent près de 5 000 collectivités ethniques. Depuis 2019, une réforme ambitieuse accélère leur immatriculation, promeut l’inclusion des femmes et mobilise le foncier pour l’investissement agricole. Entre melkisation, pressions spéculatives et enjeux sociaux, l’équilibre reste fragile.
Au Maroc, le régime des terres collectives, communément appelées terres « Soulaliyates », constitue l’un des piliers les plus complexes et les plus stratégiques du foncier national. Couvrant une superficie globale de 15,6 millions d’hectares, soit près d’un quart du territoire national, ces terres appartiennent à des collectivités ethniques dont la gestion est placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Longtemps régies par un dahir datant de 1919, ces terres font l’objet, depuis 2019, d’une refonte législative majeure visant à les transformer en leviers de développement économique et social.
La gestion de ce vaste patrimoine concerne aujourd’hui 4 908 collectivités ethniques, représentées par 7 731 délégués (Nouabs). L’effort de modernisation s’est traduit par une accélération sans précédent de l’immatriculation foncière. Alors qu’en 2014, seulement 555 000 hectares étaient immatriculés, ce chiffre a bondi à 5,1 millions d’hectares au début de l’année 2024, selon le ministère de l’Intérieur. Cette sécurisation juridique est le préalable indispensable à toute exploitation économique durable. Le recensement des ayants droit, pierre angulaire de la redistribution des bénéfices, a atteint un stade avancé avec 2,625 millions d’hommes et 2,1 millions de femmes enregistrés. L’inclusion des femmes marque un tournant historique, porté par le mouvement des Soulaliyates, qui luttent pour l’égalité d’accès à la terre et aux revenus issus de son exploitation.
Foncier collectif : le pari du million d’hectares pour l’investissement agricole
L’un des objectifs centraux de la nouvelle législation (lois 62-17, 63-17 et 64-17) est la mobilisation du foncier collectif pour l’investissement agricole. Dans le cadre de la stratégie « Génération Green 2020-2030 », l’État ambitionne de mobiliser 1 million d’hectares pour des projets créateurs d’emplois et de valeur ajoutée. À ce jour, environ 100 000 hectares ont déjà été mis à disposition d’investisseurs, principalement via des baux de location longue durée. Comme l’indique le ministère de l’Intérieur, la réforme vise à instaurer le principe de la concurrence comme règle d’accès au foncier Soulaliyate, garantissant ainsi une exploitation optimale et transparente des ressources au profit des communautés.
Cependant, cette ouverture au marché ne va pas sans heurts. La pression de l’urbanisation et la spéculation foncière menacent l’intégrité de ces espaces. Les chiffres officiels de fin 2025 révèlent que plus de 138 000 hectares font l’objet d’occupations illégales, un phénomène que les autorités tentent de juguler par un renforcement des contrôles et des sanctions.
La Melkisation : Vers une propriété privée sociale
Le processus de melkisation, qui consiste à transformer le droit de jouissance en propriété privée au profit des ayants droit, est l’autre grand chantier de la réforme. Initialement limitée aux terres irriguées, la melkisation a été étendue en février 2026 aux terres dites « Bour » (non irriguées). Cette mesure vise à stabiliser les populations rurales en leur offrant un titre de propriété sécurisé, facilitant ainsi l’accès au crédit bancaire pour moderniser les exploitations.
Selon les analystes, les dynamiques actuelles montrent que la réussite de cette transition repose sur la transparence dans l’établissement des listes d’ayants droit pour éviter les conflits tribaux, l’accompagnement technique des petits agriculteurs pour que la propriété ne soit pas immédiatement cédée à de grands groupes fonciers, et l’égalité de genre, car malgré les avancées législatives, les pressions sociales freinent encore l’accès effectif des femmes à la gestion des terres.


