Foncier-Madagascar: L'affaire Daewoo revient sur le tapis
Published: 16 Jan 2012
Posted in:  Daewoo | Korea | Madagascar
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La Vice-primature chargée du Développement et de l'aménagement du territoire n'a montré aucune réaction sur les informations relayées par le Collectif Tany, qui stipulent que la société, toujours implantée à Madagascar, n'a pas encore abandonné son projet d'acquérir des terrains.
L'Express de Madagascar | 16/01/2012

Foncier-Madagascar: L'affaire Daewoo revient sur le tapis

Immobilier - Des informations sur une relance des négociations sur l'acquisition de terrain par Daewoo ont circulé. L'État a formellement démenti. Tout le monde croyait cette affaire d'octroi de terre à la compagnie Daewoo, ayant provoqué en partie la chute du régime Ravalomanana, définitivement close. Or, le Collectif pour la défense des terres malgaches Tany a écrit au président de la Transition Andry Rajoelina, pour lui faire part de son inquiétude sur le sujet. L'organisation présidée par Mamy Rakotondrainibe demande des éclaircissements concernant des informations sur une éventuelle relance des négociations avec les Sud Coréens.

« L'équipe au pouvoir a donc changé, mais les pratiques restent les mêmes ? Encore une fois, nous vous demandons de faire preuve de transparence vis-à-vis des citoyens malgaches sur toutes les transactions déjà signées, en cours et prévues sur les terres », écrit le collectif dans sa lettre adressée au président de la Transition, citant un journal en ligne comme source d'information.

Jugeant sans doute le dossier très sensible, Andry Rajoelina profite de son discours devant les centaines d'opérateurs invités à Iavoloha vendredi, pour souligner que l'État ne vendra jamais de terrain aux étrangers. Quelques heures plus tard, la Vice-primature chargée du Développement et de l'aménagement du territoire (VPDAT) diffuse un communiqué, avec des copies de documents officiels datant de l'année 2010. Ces derniers stipulent le rejet des demandes d'acquisition de terrains de grande superficie déposées par la société Madagascar future entreprise et Varun Industry dans cinq régions.

« ... la Transition n'a jamais repris aucune négociation, ni aucun arrangement avec ces deux sociétés, et cela n'aura jamais lieu », affirme le communiqué diffusé par la Vice-primature en charge du dossier.

Attendre et voir

Après ces rebondissements, aucune réaction, pour l'instant, n'a été constatée du coté du collectif. Si l'indien Varun industry est déjà bien connu à Madagascar, des questions se posent sur le lien entre la société Madagascar future entreprise et le coréen Daewoo logistic. A la lecture des documents divulgués par le département de Hajo Andrianainarivelo, la première agissait donc au nom des Sud Coréens lorsqu'elles ont déposé leur demande en 2008. Qu'est-elle devenue après les événements de 2009? En tout cas, la VPDAT n'a montré aucune réaction sur les informations relayées par le Collectif pour la défense des terres malgaches Tany, qui stipulent que la société, toujours implantée à Madagascar, n'a pas encore abandonné son projet d'acquérir des terrains. La même source d'information affirme même que Daewoo logistic l'aurait acheté, ce qui lui aurait permis de relancer les négociations.

Le régime Ravalomanana a été accusé en 2008 par les opposants de l'époque, d'avoir voulu octroyer 1,3 millions d'hectares de terrain à Daewoo logistic dans quatre régions, à savoir Melaky, Atsinanana, Sava et Menabe. L'affaire faisait partie des principaux chevaux de bataille de la lutte populaire menée par Andry Rajoelina et qui l'a conduit au pouvoir en 2009.

Mahefa Rakotomalala